Sens Public

Il ne suffit que de regarder

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En raison de la tournée de Georges Didi-Huberman et de l’exposition <em>Soulèvement</em>, présentée par le Jeu de Paume, à travers le monde (Paris, Barcelone, Buenos Aires, México et Montréal), cet article fait un retour sur un ouvrage marquant du philosophe et historien de l’art français, <em>Images malgré tout</em> (2003, Éditions de Minuit). Dans un monde constamment submergé d’images, de représentations, comment pouvons-nous interpréter les images d’Auschwitz ? Sont-elles encore regardables ou demandent-elles trop d’engagement émotionnel ou intellectuel de celui ou celle qui les regarde ? Comment nous plaçons-nous dans l’imagerie de l’horreur ? Cet article propose un ajointement entre les pistes conceptuelles et éthiques de l’image que Georges Didi-Huberman propose dans son essai et les éléments élaborés par Sigmund Freud sur le désir et la pulsion scopique ainsi que ceux élaborés par Jacques Lacan sur le regard. À travers les exemples de Georges Didi-Huberman et l’apport de la psychanalyse, cet article laisse la place à une proposition éthique que l’on obtient grâce au compromis des multiples éléments qui composent l’image (ontologie, esthétisme, technique) et du regard, de son domaine subjectif et unique ; une éthique du malgré tout, du risque, basée sur les moyens de percer le réel, ce terrible réel des camps de concentration, de la machine-à-mort qu’était Auschwitz.